Le bioplastique pour pailler les cultures entre en piste

Le 06/03/2016 à 21:06  

Le bioplastique pour pailler les cultures entre en piste
paillage en bioplastique BASF a présenté ce vendredi, ses films de paillage biodégradables, et d'autres produits également biodégradables, au Salon International de l’Agriculture dans le cadre de son partenariat avec l’Association Chimie du Végétal et Passion Céréales...


 
Impliqué dans la chimie du végétal, BASF a profité de l'audience du salon de l’Agriculture, un panel d’applications à base de bioplastiques ecovio®. Capsules de café, gobelets, touillettes, sachets de sucre ainsi que des échantillons de film de paillage bioplastique agricole, mais également des sacs bioplastiques pour fruits et légumes associés au seau de tri sélectif.

Utilisés à l'échelle internationale, le paillage consiste à installer sur le sol un film protecteur dans le but de modifier les effets du climat local : le film assure un réchauffement plus rapide du sol favorisant la levée des cultures, maintient un taux d’humidité et contribue en version noire ou opaque, à la maîtrise des mauvaises herbes... Sauf qu'évidemment, cela génère des déchets plastiques...
Dès lors que l'on opterait pour une formulation en bioplastique, on éliminerait le temps passé à ôter ces plastiques, le coût de la collecte et du traitement de ces déchets, mais selon BASF, qui présentait ses films dédiés à l'agriculture en bioplastique, ce vendredi après midi, l'utilisation de ces produits optimisent le potentiel de rendement de nombreuses cultures. En intégrant le matériau ecovio®, les agriculteurs n’ont plus besoin de retirer les films posés sur le sol après la récolte des cultures. Nul besoin de procédé d’élimination ou de recyclage : retourné avec la terre, le film se décompose naturellement avec les résidus végétaux.

 Cela fait maintenant plusieurs années, que BASF commercialise ecoflex® F Mulch, un grade polyester biodégradable que les plasturgistes ont mélangé avec d'autres composants pour produire des formulations individuelles de films de paillage pour leur clientèle du secteur agricole.
« Avec ecovio F Mulch, nous avons franchi une étape supplémentaire afin de mieux répondre aux attentes des agriculteurs et des producteurs de film », avait préalablement indiqué Jürgen Keck, responsable de l’activité mondiale de matières plastiques biodégradables chez BASF.
Ce matériau, mélange d'ecoflex et d'acide polylactique est déjà optimisé pour les applications agricoles – le dosage n'est plus nécessaire. En outre, ce film conçu à base d’ecovio F Mulch, beaucoup plus mince que le film classique en PE, peut être déployé dans les cultures sans se déchirer, ni se perforer. 

Le nouveau grade est formulé pour la production de films classiques noirs et transparents, mais également en couleur. De plus, il existe des formulations spécifiques et sur mesure pour différentes périodes et différents types de climat. Dégradé naturellement par les bactéries du sol et autres micro-organismes constituant le compost comme pour un déchet organique, ce matériau peut être développé en agriculture conventionnelle ou biologique.

Pour tester les performances de sa résine, BASF a mené des études comparatives en collaboration avec des instituts agronomiques reconnus en Espagne et en France. Ces expériences ont constitué à cultiver des légumes dans trois conditions différentes : sans film de paillage, avec des films PE conventionnels et avec des films ecovio F. Les instituts ont étudié la croissance et le rendement ainsi que la résistance au déchirement du film. Pour ce faire, des melons et des laitues ont été plantés en France, tandis que des tomates et des poivrons étaient cultivés en Espagne. Tous les résultats ont démontré que la croissance et le rendement ne dépendent pas du type de film plastique utilisé. Comparativement aux cultures sans film de paillage, l'utilisation de films fait systématiquement augmenter le rendement de 10 à 20 %. De plus, le film ecovio F Mulch se biodégrade dans le sol après avoir été retourné avec la terre.

Il va de soi que le matériau peut être décliné sous forme de sacs, surtout à l'heure où l'on parle de collecter très prochainement les biodéchets domestiques : selon l'industriel, les consommateurs seraient davantage encouragés à trier leurs déchets alimentaires directement à leur domicile pour une valorisation finale sous forme de compost.
Au demeurant, à l'automne dernier, BASF s’est associé au Syndicat Centre Hérault pour distribuer 255 000 sacs biodégradables aux supermarchés partenaires locaux. Une opération qui a permis de sensibiliser les consommateurs à la démarche du tri des déchets alimentaires. Cette opération sera étendue à d’autres régions du territoire français en 2016.