Une meilleure politique Déchets pour créer des emplois et réduire les coûts

Le 13/02/2012 à 23:13  

Une meilleure politique Déchets pour créer des emplois et réduire les coûts

Parlement européen L’industrie des déchets va-t-elle sauver l’Europe? S’il faut en croire un récent communiqué de la Commission Européenne, elle serait à même d’apporter des éléments de solutions à deux des grands problèmes de l’Europe, la question de l’emploi et celui des coûts. A condition toutefois…

De mettre en œuvre la législation
Selon une étude de la Commission européenne publiée il y a quelques jours, la mise en œuvre intégrale de la législation de l'UE sur les déchets permettrait d'économiser 72 milliards d’euros par an, d'augmenter le chiffre d'affaires annuel du secteur UE de la gestion et du recyclage des déchets de 42 milliards d'euros et de créer plus de 400 000 emplois d'ici 2020. Les opérations illicites de traitement des déchets dans les États membres génèrent des occasions manquées sur le plan de la croissance économique, alors que des inspections nationales plus rigoureuses et une meilleure connaissance de la gestion des déchets permettraient de réaliser des progrès considérables en la matière.
Janez PotočnikJanez Potočnik, Président de la Commission chargé de l'environnement, a notamment précisé que : «Nous devons considérer les déchets comme une ressource; enfouir cette ressource dans le sol témoigne d'un manque de vision grave à long terme. Ce rapport montre que la gestion et le recyclage des déchets peuvent grandement contribuer à la croissance économique et à la création d'emplois. Si la législation existante était correctement mise en œuvre, de coûteuses opérations de nettoyage, des problèmes de pollution et de santé pourraient être évités. N’oublions pas non plus que les matériaux recyclés sont moins chers que les matériaux vierges, et qu’ils réduisent les émissions de gaz à effet de serre ainsi que notre dépendance à l'égard des importations.»

Des avantages considérables
L’étude analyse en profondeur les effets que produiraient une mise en œuvre et un respect plus efficaces de la législation, et démontre que les avantages seraient considérables. Elle a analysé un certain nombre d’études de cas à Chypre, en Allemagne, en Irlande, en Italie et aux Pays-Bas afin de mettre en évidence les avantages économiques, financiers et sociaux pour les États membres.
Le secteur européen de la gestion des déchets et du recyclage est très dynamique, mais ses débouchés économiques ont encore un potentiel de développement énorme. En 2008, son chiffre d'affaires de 145 milliards d'euros représentait environ 1 % du PIB de l'UE et 2 millions d'emplois. Le respect de la politique de l'UE contribuerait à faire émerger un secteur fort de 2,4 millions d’emplois et réalisant un chiffre d'affaires annuel total de 187 milliards d'euros.
Emploi Le problème de fond est que, dans de trop nombreux cas, les prix ne reflètent pas le véritable coût de l'élimination des marchandises; si c’était le cas, on disposerait là du moyen le plus efficace pour limiter les déchets. En outre, de nombreux États membres n'ont toujours pas les infrastructures adéquates pour la collecte sélective, le recyclage et la valorisation des déchets. L'absence de mécanismes de contrôle systématique et d'exécution constitue une entrave supplémentaire, à laquelle s’ajoute le manque de données fiables sur la gestion des déchets.

Quatre conclusions essentielles
L'étude conclut que nous devons être mieux informés sur les déchets. Nous devons disposer de données de meilleure qualité et d'un suivi systématique de la manière dont la législation est concrètement appliquée. Des progrès ont été accomplis en ce sens, avec notamment la mise en place récente d’un centre de données sur les déchets par Eurostat.
 

- Le centre de données sur les déchets d’Eurostat -
Une ambition : fournir des données, des indicateurs et d'autres informations fiables pour évaluer l'efficacité des politiques. De quelle manière ?
En gérant les données, en assurant leur qualité et en coordonnant les données et informations gérées par d'autres organismes (DG Environnement, Eurostat, Centre commun de recherche, Agence européenne pour l'environnement, autres institutions européennes, organisations internationales telles que l'OCDE ou l'ONU, etc.). Le centre de données sur les déchets servira de point d'accès central pour déclarer des données conformément à la législation européenne sur les déchets.et de point de référence pour répondre à des questions politiques spécifiques liées à des informations (statistiques) sur les déchets et leur impact sur l'environnement.
Élaborer et coordonner des méthodologies de production de données, d'informations et d'indicateurs statistiques sur les conséquences environnementales de la production et de la gestion de déchets, en tenant compte de leur cycle de vie et en coopération avec les partenaires du Groupe des quatre («Gd4») sera une des missions essentielles de ce centre de données. Un accord visant à mettre en place dix centres de données sur l'environnement a été conclu en 2005 entre quatre organismes de l'Union européenne (le «Groupe des quatre»): la DG Environnement, Eurostat, le Centre commun de recherche (CCR) et l'Agence européenne pour l'environnement (EEA) Les utilisateurs peuvent consulter les tableaux et indicateurs relatifs aux déchets disponibles auprès d'Eurostat et de ses partenaires. organisations. Les fournisseurs de données, tels que les offices statistiques nationaux et les agences pour l'environnement chargées d'établir des déclarations peuvent consulter les outils de notification d'Eurostat et les informations de référence correspondantes.
Une meilleure utilisation du principe du pollueur/payeur et un recours accru aux instruments économiques tels que l'augmentation des coûts de l'élimination des déchets pourraient contribuer à assurer le respect de la législation et à mettre à disposition les ressources financières nécessaires à la gestion des déchets.
Les capacités d'inspection et de contrôle doivent être renforcées dans les États membres. Cela pourrait nécessiter la mise en place d’une capacité d’audit au niveau de l'UE et, éventuellement, de normes d'inspection communes.
Pour renforcer, à des coûts relativement raisonnables, le contrôle au niveau de l'UE de la mise en œuvre de la législation, une solution consisterait à s'appuyer sur l'expertise et les compétences de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE). Cette solution aurait un coût administratif moindre que ceux engendrés par la création d'une nouvelle agence spécialisée dans l'élimination des déchets.

Prochaines étapes
Prévention des déchetsLes conclusions de l'étude vont être examinées et analysées par la Commission. Comme le préconisent la feuille de route pour une Europe efficace dans l’utilisation des ressources et la stratégie thématique pour la prévention des déchets, celles ci serviront de base à l'élaboration d’un dosage équilibré d'instruments juridiques et économiques. Ces stratégies encouragent des mesures d'incitation économiques et juridiques, comme les taxes ou les interdictions de mise en décharge, l’extension des systèmes de responsabilité du producteur et la mise en place de systèmes de tarification basée sur le volume des déchets (vous payez ce que vous jetez ).
Il ne faut pas perdre de vue que chaque personne consomme seize tonnes de ressources par an dans l'Union européenne, dont six deviennent des déchets, la moitié prenant la direction des décharges. Dans de nombreux États membres, la mise en décharge reste l'option privilégiée de gestion des déchets. Cette situation intolérable perdure en dépit de la législation existante de l'UE dans ce domaine.
La feuille de route pour « une Europe efficace dans l'utilisation des ressources » de la Commission a établi des jalons visant à garantir que les déchets sont gérés comme des ressources d'ici 2020: cela passe notamment par le réexamen des objectifs en matière de prévention, de réutilisation, de recyclage, de valorisation et de réduction de la mise en décharge et par le développement des marchés pour les matériaux secondaires et recyclés.