Le projet de stockage de déchets dangereux à l'arrêt dans le Haut-Rhin

Le 08/11/2021 à 8:00  

Lundi 11 octobre, la cour administrative d'appel de Nancy a examiné le recours déposé par la Collectivité européenne d'Alsace, Alsace Nature, l’association CLCV et la région Grand Est contre l'enfouissement définitif des déchets dangereux à Wittelsheim (Haut-Rhin). 

A l’origine, l'ancienne mine de potasse du Haut-Rhin de StocaMine devait être transformée en décharge industrielle souterraine pouvant accueillir près de 320 000 tonnes de déchets dangereux, non-radioactifs. Seulement, en 2002, un incendie avait mis fin à ce stockage. En janvier, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, avait tranché en faveur de l'enfouissement définitif plutôt qu'un déstockage progressif. Les travaux devaient débuter dans quelques jours afin de confiner définitivement 42 000 tonnes de déchets ultimes enfouis au fond de la mine, à 500 mètres sous terre, à l'aide de bouchons de béton de plusieurs mètres d'épaisseurs.

Une décision qui aurait réveillé la colère des élus locaux et associations. En effet, ces derniers craigneraient, à terme, une pollution de la nappe phréatique - laquelle alimenterait actuellement 2 millions d'habitants - à cause de l'amiante, l'arsenic ou à des résidus d'incinération, contenus dans certains déchets. Ils espéraient ainsi l'annulation de l'arrêté préfectoral de 2017, autorisant l'enfouissement de ces déchets. La cour administrative d'appel de Nancy a rendu son verdict le vendredi 15 octobre, mettant un coup d'arrêt aux deux centrales à béton qui s'apprêtaient à enfouir les déchets. Pour les juges, la prolongation illimitée du stockage ne peut être autorisée "que si l’exploitant dispose de capacités techniques et financières propres ou fournies par des tiers de manière suffisamment certaine, le mettant à même de mener à bien ce projet et d’assumer l’ensemble des exigences susceptibles d’en découler". Une victoire en soi pour la Collectivité européenne d'Alsace, la région Grand-Est et l'association Alsace Nature. La bataille ne serait cependant pas terminée. En effet, au vu de l'annulation de l'arrêté prefectoral, il faudrait donc en réécrire un nouveau, lancer des consultations, réaliser un bilan écologique ainsi qu'une enquête publique et une étude d'impact. En clair, une affaire à suivre...


Emilie Tournié (journaliste étudiante)

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